Qu’est-ce que le dinar numérique algérien ?
Partout dans le monde, les banques centrales étudient ce qu’on appelle une monnaie numérique de banque centrale (MNBC, ou CBDC en anglais). Il s’agit d’une créance directe sur la banque centrale, comme un billet, mais sous forme électronique. Appliqué à l’Algérie, ce serait un dinar émis par la Banque d’Algérie, utilisable depuis un portefeuille électronique, avec la même valeur qu’un dinar en billets.
Cette idée est différente de ce que la plupart des Algériens utilisent déjà. Quand vous payez avec une carte CIB ou une carte Edahabia, vous déplacez de la monnaie scripturale, c’est-à-dire une créance sur votre banque ou sur Algérie Poste. Le dinar numérique, lui, serait une créance sur l’institut d’émission.
Où en est le projet
Les responsables monétaires ont évoqué publiquement l’intérêt d’une forme numérique du dinar, dans le cadre de la modernisation des paiements et du cadre monétaire révisé en 2023. Aucun calendrier de mise en circulation, aucun plafond de détention et aucune modalité de distribution ne doivent être tenus pour acquis tant qu’ils ne figurent pas dans une communication ou un texte publiés par la Banque d’Algérie. Notre page sur la Banque d’Algérie rappelle le rôle de l’institution.
Ce qu’il ne faut pas confondre avec le dinar numérique algérien
| Instrument | Qui l’émet ou le gère | Statut |
|---|---|---|
| Billets et pièces | Banque d’Algérie | Monnaie fiduciaire en circulation |
| Solde d’un compte bancaire, carte CIB | Banque commerciale | Monnaie scripturale, existe aujourd’hui |
| Compte CCP, carte Edahabia, BaridiMob | Algérie Poste | Monnaie scripturale, existe aujourd’hui |
| Bitcoin, stablecoins, jetons « DZ » | Acteurs privés, souvent anonymes | Monnaies virtuelles interdites par la loi de finances pour 2018 |
| Dinar numérique | Banque d’Algérie (projet) | Non disponible à ce jour |
Le piège des faux « dinars numériques »
Des pages de réseaux sociaux proposent parfois d’acheter des « dinars digitaux », des jetons adossés au dinar ou d’ouvrir un « portefeuille officiel » contre paiement. Rien de cela n’émane de la Banque d’Algérie. L’achat, la vente et la détention de monnaies virtuelles sont interdits en Algérie, et un portefeuille officiel ne serait jamais vendu par un particulier. Ne communiquez jamais votre numéro de carte, votre code ou votre RIP à ces interlocuteurs.
Pourquoi une banque centrale crée une monnaie numérique
Les objectifs généralement avancés par les banques centrales qui étudient une MNBC éclairent ce que le dinar numérique pourrait viser :
- Réduire l’usage du cash : une très grande partie des transactions algériennes se règle encore en espèces, ce qui pèse sur la traçabilité et le coût de gestion des billets.
- Inclusion financière : offrir un moyen de paiement électronique public à des personnes sans compte bancaire.
- Souveraineté des paiements : disposer d’une infrastructure nationale face aux solutions privées étrangères.
- Efficacité : des transferts instantanés et moins coûteux, y compris pour l’administration.
Les questions encore ouvertes
Toute MNBC soulève les mêmes choix de conception : niveau d’anonymat, plafond par portefeuille, rémunération ou non, rôle des banques commerciales dans la distribution, fonctionnement hors connexion. Ce sont ces paramètres qui décideront de l’usage réel. Tant qu’ils ne sont pas publiés, toute promesse précise relève de la spéculation.
Ce que montrent les expériences étrangères
Quelques pays ont déjà franchi le pas, avec des résultats contrastés. Les Bahamas ont lancé le Sand Dollar en 2020 et le Nigeria l’eNaira en 2021 ; la Chine teste à grande échelle son yuan numérique. Ces exemples montrent qu’une monnaie numérique publique ne s’impose pas d’elle-même : au Nigeria, l’adoption est restée faible au départ, car les commerçants et les ménages n’y voyaient pas d’avantage clair par rapport au mobile money et aux espèces.
La leçon pour l’Algérie est double. D’une part, l’usage dépendra de l’acceptation chez les commerçants et de la simplicité de l’application. D’autre part, la confiance dans la protection des données jouera un rôle central, dans un pays où beaucoup de transactions se font encore en liquide par habitude ou par prudence.
La question de la confidentialité
Une monnaie électronique de banque centrale peut, techniquement, laisser une trace de chaque paiement. Les projets étrangers cherchent un équilibre entre lutte contre le blanchiment et respect de la vie privée, souvent avec des petits montants peu tracés et des contrôles renforcés au-delà d’un seuil. Les choix algériens en la matière ne sont pas connus et devront être précisés par la réglementation.
Dinar numérique algérien et crédit : quels effets possibles
Un dinar numérique ne serait pas un prêt et ne remplacerait pas les crédits bancaires. Les banques commerciales resteraient celles qui étudient les demandes, accordent les financements et déclarent les encours à la centrale des risques.
Ce qui pourrait changer pour l’emprunteur
- Revenus mieux documentés : un artisan ou un commerçant payé de façon électronique laisse une trace de ses recettes, ce qui facilite la preuve de capacité de remboursement, aujourd’hui difficile pour ceux qui encaissent en espèces.
- Remboursements automatisés : des échéances prélevées directement, avec moins de retards liés aux dépôts manuels.
- Concurrence pour les dépôts : si les particuliers transfèrent une partie de leurs dépôts vers des portefeuilles numériques, les banques disposent de moins de ressources à prêter ; c’est pourquoi de nombreux projets étrangers prévoient des plafonds.
Ces effets sont des hypothèses tirées de l’expérience internationale, pas des engagements algériens.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Inutile d’attendre une nouvelle monnaie pour profiter du paiement électronique. Les outils existants suffisent pour la plupart des usages et améliorent aussi la lecture de votre dossier par une banque.
- Utiliser la carte CIB ou Edahabia pour les paiements chez les commerçants équipés de terminaux ou de QR code, et pour les factures en ligne.
- Pour un professionnel, accepter les paiements par carte et déposer ses recettes sur un compte : l’historique servira lors d’une demande de financement.
- Activer les services de banque en ligne pour suivre ses opérations et ses échéances.
- Suivre les annonces sur le site officiel de la Banque d’Algérie plutôt que les rumeurs.
Le paiement électronique déjà disponible
Plusieurs grands facturiers, comme Sonelgaz, Algérie Télécom ou les opérateurs de téléphonie, acceptent le règlement en ligne par carte CIB ou Edahabia. Le paiement par QR code et les transferts de compte à compte via les applications bancaires et BaridiMob se développent également. Habituer son foyer ou son commerce à ces outils, c’est se préparer naturellement à un éventuel dinar numérique, dont l’usage quotidien ressemblerait probablement à ces paiements dématérialisés, même si sa nature juridique serait différente.
Les cartes de paiement et leurs limites sont présentées dans notre page carte de crédit en Algérie, et l’organisation générale du secteur dans le guide du système bancaire algérien.
Dinar numérique, change et transferts de la diaspora
Une monnaie numérique de banque centrale reste libellée dans la monnaie nationale : un dinar numérique vaudrait un dinar, au même cours officiel que le dinar en billets. Elle ne ferait pas disparaître, à elle seule, l’écart entre le cours officiel et le marché parallèle, qui dépend des règles de change et de l’accès aux devises. Pour suivre l’évolution de la monnaie, consultez notre page sur le cours du dinar algérien.
Pour les Algériens de l’étranger, un éventuel portefeuille numérique pourrait un jour simplifier la réception de transferts, mais cela dépendra entièrement des règles de change et des partenariats retenus, qui ne sont pas connus aujourd’hui.
Questions fréquentes
Le dinar numérique algérien existe-t-il déjà ?
Non, il n’est pas en circulation à ce jour. Les autorités monétaires ont évoqué l’intérêt d’une forme numérique du dinar, mais ses règles, son calendrier et ses modalités de distribution ne seront connus qu’à travers une communication officielle de la Banque d’Algérie. Toute offre qui prétend vendre ou ouvrir un portefeuille de dinars numériques aujourd’hui doit être considérée comme suspecte.
Le dinar numérique est-il une cryptomonnaie ?
Non. Une cryptomonnaie comme le bitcoin est émise par un réseau privé, sans garantie publique, et sa valeur fluctue fortement. Le dinar numérique serait émis par la Banque d’Algérie et vaudrait exactement un dinar. En Algérie, l’achat, la vente et la détention de monnaies virtuelles sont interdits depuis la loi de finances pour 2018, ce qui n’empêche pas une monnaie publique numérique.
Quelle différence avec la carte Edahabia ou la carte CIB ?
Avec Edahabia ou une carte CIB, vous utilisez l’argent déposé chez Algérie Poste ou dans votre banque : c’est une créance sur cet établissement. Le dinar numérique serait une créance directe sur la Banque d’Algérie, comme un billet, mais électronique. Pour l’utilisateur, l’usage pourrait ressembler à un paiement mobile, mais la nature juridique de la monnaie serait différente.
Le dinar numérique facilitera-t-il l’obtention d’un crédit ?
Pas directement, car les crédits resteront accordés par les banques selon leurs critères. Indirectement, des paiements électroniques plus répandus pourraient mieux documenter les revenus des commerçants et des artisans, ce qui aide à prouver une capacité de remboursement. Cet effet est déjà accessible aujourd’hui en encaissant par carte et en déposant ses recettes sur un compte.
Organismes de prêt à consulter
CPA — Achat de logement neufBanque publique agréée par la Banque d'Algérie — Crédit CPA pour acquérir un logement neuf fini ou en cours de réalisation auprès d'un promoteur.BEA — Crédit immobilierBanque publique agréée par la Banque d'Algérie — Crédit BEA pour construire, étendre ou aménager un logement, ou acheter auprès d'un promoteur, d'un particulier ou en LPP.BDL — Crédit immobilierBanque publique agréée par la Banque d'Algérie — Crédit BDL pour l'acquisition d'une maison ou d'un appartement par les particuliers.CNEP-Banque — Finance conventionnelle (brochure)Banque publique agréée par la Banque d'Algérie — Brochure CNEP-Banque présentant ses crédits immobiliers conventionnels : achat, construction, extension, aménagement.Liste indicative : Algerie-Credit.com n’est lié à aucun de ces organismes et n’accorde pas de crédit. Vérifiez les conditions à jour auprès de l’établissement.

